Mouvements chromatiques

Et si on parlait de nos souvenirs de voyages ?

Réalisée durant les étés 2017 et 2018, la série de photographies intitulée "Mouvements chromatiques" met en exergue la gestuelle de l'artiste à travers sa pratique du voyage.

Ici, le photographe utilise son corps, sa tension physique, comme prolongement de l'appareil. Il danse dans le paysage pour restituer sa pensée, traduite par le procédé du "flou de bougé". Il s'interroge sur le consumérisme contemporain qui s'immisce jusque dans le tourisme, dans une forme impersonnelle, désincarnée, écartant le sujet de la jouissance de l'instant présent. Il fait apparaître, en creux, cette consommation de l'émotion qui semble se transformer en boulimie absurde du souvenir, notamment à travers l’acquisition d’objets et de photographies.

Etretat
Fécamp

Le discours du photographe ne se résume pas à du cynisme. Bien qu’il condamne la mémoire du voyageur à de fuyantes réminiscences, le photographe tente de recueillir la quintessence du voyage : des expériences émotionnelles entremêlées d’impressions colorées en mouvement. Les photographies de bord de mer ont initié la série « mouvements chromatiques ». Elles l’illustrent avec jeunesse et ferveur. Les photographies réalisées à Bordeaux trouvent leur origine dans une contemplation naïve des lumières urbaines nocturnes. Elle évoque le cheminement qui accompagne l'échec amoureux, ce parcours où le corps se cherche en une errance géographique comme sensorielle.

Cet itinéraire spirituel oscille entre la pulsion d'exil et les battements de vie. Les photographies réalisées à Piriac-sur-mer, marquent une nouvelle étape dans l’exil : un regard vers l’Atlantique, une solitude dévouée aux lumières crépusculaires et à la géométrie des vaisseaux à quais.

Texte réalisé avec l’aimable participation d’Orianne Papin et de Jonathan Greiner